Le viol fait aux femmes : vérité universelle ou réalité culturelle ?

Le viol est un crime défini par le Code pénal, à l’article 222-23. Celui-ci dispose : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol ». Deux éléments doivent être réunis pour qu’il y ait viol :
  1. L’acte de pénétration sexuelle. La pénétration peut être vaginale, anale ou buccale, réalisée par une partie du corps (sexe, doigt…) ou par un objet. Il faut que l’acte de pénétration s’effectue par le sexe ou dans le sexe (pour bien comprendre : mettre un doigt dans la bouche de quelqu’un ne peut pas être qualifié de viol).
  2. L’acte doit avoir été commis par la violence, sous la contrainte, par menace ou par surprise. C’est-à-dire sans le consentement de la personne.
Selon une enquête de l’INED dont les premiers résultats sont parus en 2016, les violences sexuelles toucheraient, par an, environ 600 000 femmes et 200 000 hommes en France.

Le viol est le "crime sexuel le plus grave". Pourquoi des guillemets ? Parce que derrière cette reconnaissance juridique officielle se cache une hypocrisie sans nom. Derrière un acte aussi cruel et malheureusement toujours aussi actuel, il y a cette dénonciation et cette médiatisation que l'on croit massive. Mais il y a aussi ce silence qui pèse dans beaucoup de foyers... On ne change pas le monde à grands coups de poing sur ce qui nous dérange, ni à grands cris contre nos agresseurs. On change le monde, en profondeur et durablement, en se changeant soi-même. Individuellement et silencieusement. Voilà pourquoi ma bombe, j'espère que ces mots te feront prendre conscience, que tu ne peux pas attendre que les hommes soient condamnés pour ce que tu autorises au sein de ta vie conjugale. Avant d'être l'assaut d'un homme inconnu et un acte isolé, le viol est surtout! aussi une sordide "affaire de famille", que tout à coup, personne ne voit ni n'entend.

Ma bombe, j'en profite pour te rappeler qu'un homme proche de toi, censé t'aimer, doit être la première personne à respecter ton "NON". SANS DISCUTER ! Si tu as le sentiment de devoir céder, ça n'est pas normal ! Si demain toutes les femmes envoient chier tous ces hommes "proches", si elles les mettent à la porte systématiquement, si elles les dénoncent, si elles en parlent, si elles ne l'autorisent plus, le monde change véritablement. Tu peux "balancer tous les porcs" que tu veux #balancetonporc, si tu tolères cette prise de pouvoir au sein de ton couple, tu contribues au mouvement. Comme d'habitude ma bombe, je ne suis pas là pour t'accabler. Je suis là pour te dire que, oui, tu as une part de responsabilité dans tout ce que tu vis (responsable ne veut pas dire coupable). Je suis là pour que tu vois que cette part de responsabilité n'est que la partie émergée de ton pouvoir ! Je suis là pour te rappeler que tu es puissante et qu'il t'appartient de prendre possession de ton pouvoir et de l'utiliser.

Pour revenir à l'interrogation de l'article, selon moi, (non!) le viol n'est pas une Vérité Universelle. C'est une réalité culturelle, fabriquée de toutes pièces par les croyances et par toute l'animosité entre homme et femme que nous cultivons encore en 2018 !

Si tu te demandes comment une réalité peut-elle être crée et quelles sont ces croyances, la suite va certainement t'intéresser. La bonne nouvelle dans tout ce bordel ? C'est que comme toujours, tu as le pouvoir de changer cette réalité ma bombe ! Et c'est pas parce que le chantier est vaste, qu'il faut en faire un prétexte pour abandonner !

Selon moi, le viol (des hommes fait aux femmes) vient d'un déséquilibre dans la distribution du pouvoir sexuel entre les hommes et les femmes. Concrètement ? Disons que le pouvoir sexuel / la sexualité est un gros sac de billes. Aux hommes on leur dit "tient prends, joue, amuse-toi, fais-en absolument tout ce que tu veux!" Et aux femmes ? On leur arrache le sac de billes des mains, on se le met sous le bras et on leur dit "hop hop hop, tu touches pas, c'est moi qui te dit quand, comment et avec qui jouer aux billes"... En clair ? Les hommes ont un excès de pouvoir sexuel alors que les femmes en sont dépossédées. Leur propre sexualité ne leur appartient pas. 

Comment peux-tu ne pas posséder quelque chose sans t'exposer à te faire violer voler ? Comment peux-tu laisser ton corps et ta sexualité être dirigés par d'autres et espérer en garder le contrôle ? Ça n'a pas de sens ! Loin de moi la volonté de t'offenser ou d'insinuer que le viol est de ta faute. Je veux que tu prennes conscience que les idées fausses que tu as sur ta (la) sexualité te rendent vulnérable et docile. Malgré toi ! Tu comprends ma bombe ! "Vulnérable et docile", ça n'est pas ce que tu es en vérité. C'est ce que tes croyances te donnent l'impression d'être. C'est très différent. La vérité c'est que tu es puissante ma bombe. Au delà de ce que tu peux imaginer. Sexuellement puissante ! Mon but est de t'inviter à reprendre ton sac de billes. Car une fois entre tes mains, il devient impossible à prendre. Et surtout, une fois entre tes mains, tu es sexuellement égale à l'homme. Tu disposes du même pouvoir sexuel qu'un homme : un sac de billes. Tout simplement ! Ta sexualité peut alors se vivre sereinement et de façon épanouissante. Bref, t'es juste dans le game ! Avec tes propres billes ! Tu vois l'idée ?
Et du coup comment on fait pour prendre possession de sa sexualité quand on est une femme ? Ben on décide absolument de TOUT ce que l'on fait de son corps, de son sexe et on vit sa sexualité avant tout pour soi-même en suivant ses propres envies sexuelles. C'est "tout" ma bombe ! Ça a l'air simple et évident mais ça ne l'est pas. Tu te sens peut-être libre à ce niveau mais tu ne l'es pas ma bombe. Tu n'es pas libre sexuellement quand tu suis les règles imposées par une religion, des coutumes, ta famille, ton petit copain, ton mari, la société ou encore les derniers conseils sexo du dernier ELLE Magazine.

Je sais pas pour toi ma bombe mais moi à part pour le plaisir instantané et fugace d'une relation sexuelle, je me suis longtemps sentie "perdue" dans les bras d'un autre. Même s'il s'agissait de quelqu'un que je connaissais depuis des années ! Mais j'avais cette impression d'être là pour servir le plaisir de l'autre. Tu connais cette sensation d'avoir envie, de prendre du plaisir mais de rester sur ta fin quoi qu'il arrive ? Avec un sentiment de "oui et...?" A force de me demander pourquoi, j'ai fini par réaliser que je ne connaissais rien de mes propres désirs sexuels. Le problème, c'est que quand tu ne te connais pas sexuellement, tu subis forcément indirectement les désirs de la personne qui est en face de toi. Qui elle, sait ce qu'elle veut, ce qu'elle aime etc.

Alors commence à t'explorer, reprend ton pouvoir et décide ma bombe. A quel âge tu dois avoir ton premier rapport ? Combien de partenaires sexuels tu dois avoir ? Ce qui est raisonnable de faire ou ne pas faire dans ta sexualité ? La fréquence de tes rapports ? Etc etc etc. Ce sont des questions que tu dois te poser. Que tu sois seule ou en couple ! Et surtout auxquelles TU dois répondre SEULE ! Pourquoi laisser ton partenaire décider de la fréquence de vos rapports ? De ce qui convient de faire ? Pourquoi le laisser te convaincre qu'il a "des besoins" et que tu es censée y répondre ? Pourquoi faire absolument tout ce qu'on attend de toi sexuellement ma bombe ? Attention, il ne s'agit pas de mener une guerre de pouvoir dans ton couple. Il s'agit, au contraire, de venir avec tes propres billes pour que vous puissiez jouer ENSEMBLE. Tu penses peut-être que je chipote, que ça n'est qu'un détail. Mais c'est précisément de ce détail et dans cette docilité et dans cette obéissance inconsciente que se cache ta "vulnérabilité". Alors il est plus que temps que tu t'interroges sur ce que TU VEUX, VRAIMENT !

D'ailleurs, si demain toutes les femmes prennent possession de leur sexualité et décident de quand, comment et avec qui elles couchent, sans se soucier de rien ni de personne PS:les hommes le font hein!, comment penses-tu que les hommes réagiraient ? Moi je pense qu'il se diraient un truc du genre "en fait, elles ont autant de couilles que nous!" MDR. Plus sérieusement,ça rééquilibrerait considérablement les choses. Tu penses pas ? Ils ne se verraient plus comme les "Rois" dans la cour de la sexualité. Ils verraient que les femmes y jouent aussi et qu'elles n'en sont pas moins des Reines. Le respect dans la sexualité s'impose alors de lui-même et de façon plus évidente et naturelle qu'en mettant les femmes "hors-jeu" d'office.

Tu veux que je te dise le fond de ma penser ? Tu es si puissante sexuellement qu'on a préféré te rendre docile et obéissante. Eh oui ma bombe on cherche toujours à contrôler ce qui nous impressionne. Pour en revenir au viol, je veux que tu comprennes que, selon moi, c'est un concept créé par une distribution inégale du pouvoir sexuel. Mais imagine... Si cette distribution était inversée, on verraient des femmes qui se sentiraient tout permis, séduire des hommes. Et on verrait ces mêmes hommes mal à l'aise à cause de ce sentiment d'abus de pouvoir. Tu peux d'ailleurs le vérifier très facilement ma bombe ! ;) Ce n'est donc en aucun cas une question de sexe mais de conditionnement sexuel.

Je tenais à cet article car je suis heureuse de la libération de parole qu'il y a eu autour du viol et des agressions sexuelles ces derniers mois. Le viol doit être dénoncé systématiquement et aujourd'hui plus aucune femme ne doit se taire. Le fait d'en parler librement est une prise de pouvoir énorme qui dit "non, tu ne fais pas ce que tu veux de mon corps, non je ne laisse pas passer cet abus de pouvoir". C'est très puissant car ça pose une limite "officielle" sur ce que tu tolères. Si ton "non" n'a pas été entendu, le dénoncer te permet de reprendre le pouvoir sur celui qui en a abusé. Et c'est essentiel pour voir les choses changer ! En d'autres termes ? Baisse de pouvoir sexuel pour ces messieurs ! Car non, monsieur, ta sexualité et toi vous n'êtes pas "Tout Puissant" ! #scoop

Si la dénonciation est nécessaire, libératrice et guérisseuse; à mon sens, elle ne résout malheureusement pas le problème du viol à elle seule. Comme pour tout le reste en ce bas monde, je crois que la solution se trouve en nous, en toi ma bombe. Et cette solution commence par le fait de te réapproprier ta sexualité et d'être convaincue que tu es IN-VIO-LABLE. Ton corps est sa propre forteresse. Si toutes les femmes marchent avec cette conviction, comment penses-tu que le monde devient ? Si tu marches avec la conviction d'être le mélange parfait d'une divine-reine-amazone, penses-tu que tu serais importunée de la même façon par la gente masculine ?

Oublie toutes les règles que tu connais à propos de la sexualité, demande-toi ce dont tu as envie et fais-le ! Dans le respect et le consentement de l'autre évidemment ! Ma bombe, si tu n'es pas en train de faire exactement ce que TU VEUX de ta sexualité, tu es forcément indirectement en train d'obéir aux règles de quelqu'un d'autre. Si tu es en train d'obéir aux règles de quelqu'un d'autre, tu perds de ton pouvoir. Et cette docilité, te rend vulnérable. Le viol, oui, mais pas sans ton consentement.
Crédit photo Julia Kuzmenko

Commentaires

Articles les plus consultés